• Manon Trn

Quand l'agriculture urbaine redessine la ville du futur !

Dernière mise à jour : mai 16

De plus en plus de villes françaises souhaitent tendre vers l’autonomie et développer leur capacité à répondre localement aux besoins alimentaires de leur population. Dès aujourd'hui, des territoires peuvent se positionner à la pointe, en associant architectes et ingénieurs, associations, entreprises et collectifs de citoyens, pour donner corps à l'agriculture urbaine et renouveler la manière de vivre la ville.

En plein développement partout dans le monde, l’agriculture urbaine regroupe une grande diversité de pratiques: entre low-tech et high-tech, l'agriculture urbaine s'inscrit entre tradition et innovation.


L'agriculture urbaine, c'est quoi?

L’agriculture urbaine est une forme réémergente d’agriculture. Élevage, aquaculture, fruits, légumes ou même apiculture, ces pratiques reviennent en ville. Le principe est simple, convertir un espace quel qu’il soit. en terrain agricole.


Elle peut être pratiquée sur des toits, dans des cours, des potagers partagés, des conteneurs, sur des balcons et même dans des espaces publics. Cette façon de se nourrir intervient dans le cadre de la transition écologique. Le but est de se nourrir de manière durable et locale en prônant un retour à la nature et au partage dans les villes.


L'ONU et la FAO (Food and Agriculture Organization) préconisent cette solution pour répondre aux besoins alimentaires des grandes zones urbanisées, notamment dans les villes et les pays pauvres.


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L'enjeu


Aujourd’hui, plus de 75% de la population française vit en ville, en 2050 nous serons plus de 85%.


D'ici 2040, nourrir 9,5 milliards d’habitants nécessitera d’augmenter de 70% la production agricole totale, alors que la fertilité globale des sols décroît continuellement.


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L'agriculture urbaine, pourquoi?


Récréative, l’agriculture urbaine permet de renouer le contact avec une certaine forme de nature et de saisonnalité et favorise la participation citoyenne. Elle peut également avoir un rôle important dans l’économie circulaire et favoriser les circuits courts. Pédagogique, elle permet aux consommateurs de se réapproprier la phase de production de l’alimentation, d’avoir accès à des produits locaux et de les inciter à modifier leurs régimes alimentaires en allant vers plus de durabilité.



Des bienfaits environnementaux


L’agriculture urbaine accompagne une démarche de préservation environnementale. Ces potagers sont cultivés de manière écologique, sans engrais ni pesticides. Certaines techniques permettent même de consommer 90% moins d'eau que l'agriculture traditionnelle.


Elle participe au retour de la biodiversité grâce à la végétalisation du mobilier urbain. Cette dernière permet aussi le drainage des eaux de pluie et la réduction des îlots de chaleur.



Les villes de plus en plus touchées par la pollution trouvent en l’agriculture urbaine un nouveau poumon vert capable d’absorber les gaz à effet de serre.



Des bienfaits sur la santé


L’agriculture urbaine apporte bien sûr une alimentation plus saine en offrant des fruits et des légumes non traités à tous. C’est une activité physique qui permet de lutter contre l’obésité et les maladies cardiovasculaires en forte hausse. Véritables piliers de la communauté, les jardins sociaux permettent de réduire le stress et ainsi d’améliorer l’état de santé émotionnel des citadins.


Mais l’agriculture a surtout un effet de socialisation. Utilisée comme outil de réinsertion sociale, elle favorise les échanges entre les générations et les cultures. Tout le monde peut apprendre et partager.




Des bienfaits économiques

Les bienfaits de l’agriculture urbaine en terme d’environnement et de santé ont bien évidemment des répercussions économiques. Certaines fermes urbaines créent de l’emploi dont découle toute une économie. La végétalisation des espaces amène une augmentation de la valeur foncière générale.


Réduction des transports, des emballages, recyclage des déchets organiques… L’agriculture urbaine est une démarche essentielle dans le développement durable des villes et leur engagement écologique.





Des atouts favorables à son développement


  • De nombreux espaces vacants sont susceptibles d’être exploités à des fins de production ultra locale : les toits, les friches industrielles et les espaces verts sont autant de surfaces agricoles potentielles à valoriser

  • Le grand nombre de consommateurs potentiels à proximité assure une débouché importante

  • Le taux de CO2 élevé que l’on trouve en ville est très bénéfique à la croissance des végétaux - son absorption permettant de réduire les émissions nettes de CO2 des villes,

  • Les températures, en général supérieures de 2 à 3°C en comparaison des campagnes environnantes, sont également bénéfiques pour les productions maraîchères urbaines ou périurbaines,

  • les matières organiques présentes dans les déchets ménagers des citadins ou les eaux de ruissellements peuvent être employées à des fins d’alimentation et d’irrigation. En valorisant des ressources d’habitude inutilisées, l’agriculture urbaine s’inscrit résolument dans l’économie circulaire.





Les recherches récentes tendent à démontrer que l’agriculture urbaine est un outil multifonctionnel pour le développement durable des quartiers et des villes. Certes, l’impact de l’agriculture urbaine sur la qualité de vie et de l’environnement urbain dépend largement de l’envergure, de la localisation et de l’accessibilité des espaces productifs. Néanmoins, les nombreux bénéfices de l’agriculture urbaine sont de plus en plus reconnus. 💭



Sources :


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